L'identité : le nouveau périmètre de sécurité
80 % des compromissions de 2026 impliquent des failles liées aux identités. Dans un monde où les infrastructures IT adoptent massivement Microsoft 365, Azure et des environnements multicloud, le périmètre réseau traditionnel est remplacé par celui des identités. Cela englobe aussi bien les utilisateurs que les comptes de service ou les identités machines. Si ces portes d'entrée ne sont pas parfaitement sécurisées, elles deviennent des accès privilégiés pour les attaquants.
Authentification : renforcer les points d'entrée critiques
1. MFA par SMS ou appel vocal
Le MFA basé sur des SMS ou des appels, bien que largement déployé, est vulnérable aux attaques telles que le SIM-swapping. Pour réduire les risques, privilégiez des solutions résistantes au phishing, telles que Windows Hello for Business ou les clés FIDO2 dans l'écosystème Microsoft.
2. Mots de passe insuffisants
Des politiques de mot de passe faibles, avec un minimum de huit caractères et des réutilisations fréquentes, laissent vos identités exposées. Orientez-vous vers des mécanismes modernes comme les Administrateurs Microsoft Password Protection, intégrant des listes bannies et la détection des mots de passe compromis.
3. Comptes de service partagés
Partage des identifiants, absence de piste d’audit... Les comptes de service partagés restent parmi les failles les plus exploitées par les attaquants. Adoptez des comptes individualisés ou des solutions d’audit.
4. Reauthentification de session absente
Les jetons volés issus de sessions prolongées ou non contrôlées constituent un véritable risque. Implémentez des politiques d’expiration des sessions et d’authentification périodique.
Autorisation : limiter les privilèges inutiles
5. Accès administrateur permanent
Les privilèges élevés, sans contrôle Just-In-Time, permettent aux attaquants d’exploiter un seul accès pour une brèche complète. Intégrez Azure AD Privileged Identity Management (PIM) afin de renforcer cette protection.
6. Prolifération des rôles
Lorsque les rôles dépassent des centaines dans l’annuaire, ils deviennent illisibles et dangereux. Simplifiez les modèles RBAC (Role-Based Access Control) et documentez clairement leurs impacts.
7. Revues d'accès bâclées
Les permissions accumulées au fil des ans peuvent devenir une arme dangereuse. Formalisez des revues d'accès régulières et assurez-vous que chaque approbation est basée sur une analyse approfondie.
8. Permissions génériques
Les permissions vastes, comme l’utilisation de l’astérisque dans AWS IAM, multiplient les surfaces d’attaque. Affinez vos politiques et limitez les autorisations au strict nécessaire.
Gouvernance : gérer les identités négligées
9. Comptes orphelins
Les départs non suivis correctement laissent des identités dormantes dans votre écosystème IT. Automatisez les processus complet de gestion Joiner-Mover-Leaver afin de désactiver ou supprimer les comptes lors des transitions.
10. Inventaire des identités non humaines
Avec un ratio de 45 bots pour chaque utilisateur humain, ces identités machines se multiplient sans véritable supervision. Mettez en place un inventaire exhaustif et gouvernez ces identités comme des éléments critiques de votre système.
Bon à savoir
Discipline IAM : l’élément clé de la résilience
Les incidents survenus en 2026 révèlent un fil conducteur : des identifiants qui n’auraient jamais dû exister ont été exploités. La sécurité IAM passe avant tout par une discipline rigoureuse autour de ces dix axes, plutôt que par l’achat isolé d’un outil.
Microsoft 365 et Azure offrent un panel robuste d'outils : MFA avancé, accès conditionnel, gestion d’identités privilégiées (PIM), revues d’accès, et gouvernance des bots. La clé reste de les intégrer dans une stratégie cohérente et appliquée sur le long terme.
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