Créer une interface métier au-dessus d’une liste SharePoint ne suppose plus forcément de développer toute l’application à la main. Copilot Code transforme une description en langage naturel en application, mais sa préversion, sa facturation et son modèle d’autorisations imposent quelques vérifications avant de se lancer.
Copilot Code reste une fonctionnalité Frontier
Copilot Code est un onglet de Microsoft Copilot, le nouveau nom de l’application Microsoft 365 Copilot. Selon la documentation Microsoft Learn, il peut produire des applications, des tableaux de bord, des outils internes, des sites statiques ou des scripts à partir d’une description, puis afficher un aperçu en direct.
Au 28 octobre 2026, Microsoft Learn réserve toujours cette fonctionnalité au programme Frontier, c’est-à-dire au canal donnant accès à des expériences en préversion. Microsoft avait annoncé le 25 septembre 2026 une arrivée dans Frontier à la fin du mois, puis une disponibilité élargie dans les semaines suivantes. Il reste donc prudent de retenir le statut affiché dans la documentation plutôt que le calendrier prévisionnel de l’annonce Home, Code et Autopilot.
L’accès exige une licence Microsoft 365 Copilot (Premium) et l’activation de la facturation à l’usage par Copilot Credits. Copilot Code n’est pas une fonction comprise sans supplément dans la licence mensuelle.
Frontier signifie préversion
Une fonctionnalité Frontier peut évoluer, changer d’interface ou présenter des limites qui ne seraient pas acceptables en production. Il faut la traiter comme un service à évaluer, pas comme une plateforme déjà stabilisée.
L’application Microsoft Copilot utilise désormais l’adresse principale copilot.cloud.microsoft. Les administrateurs doivent autoriser *.cloud.microsoft dans leurs mécanismes de filtrage afin d’éviter un blocage réseau. Notre analyse de la nouvelle génération de Microsoft Copilot replace également Code aux côtés de Home et Autopilot.
Quatre notions à distinguer avant de commencer
Copilot Code rassemble une interface de génération, un système de crédits et un environnement d’exécution. Ces éléments sont liés, mais ils ne répondent pas au même besoin.
| Terme | Ce que c’est | À quoi ça sert |
|---|---|---|
| Microsoft Copilot | L’application qui remplace l’appellation Microsoft 365 Copilot | Accéder notamment aux expériences Chat, Cowork et Code |
| Copilot Code | Un générateur d’applications piloté en langage naturel | Construire et modifier une application sans écrire manuellement tout son code |
| Frontier | Le programme de préversion de Microsoft | Tester des fonctions encore susceptibles d’évoluer |
| Copilot Credits | L’unité de facturation à l’usage mutualisée dans le locataire Microsoft 365 | Payer la construction et certaines opérations d’exécution |
| Copilot Managed Runtime | Un environnement cloud géré par Microsoft et encore en préversion | Héberger et exécuter les applications publiées |
Le Copilot Managed Runtime peut être comparé à un atelier géré dans lequel l’application est installée et exécutée. L’analogie s’arrête toutefois à l’hébergement : cet environnement ne décide pas à lui seul qui peut consulter les données SharePoint, car les autorisations de la source continuent de s’appliquer.
Microsoft indique par ailleurs qu’App Builder est remplacé. Les anciennes applications peuvent être reconstruites dans Copilot Cowork, également proposé dans Frontier avec une licence Copilot, ou dans Apps de Copilot Studio, en préversion publique. Ces deux destinations utilisent des Copilot Credits ; notre guide sur la création d’une application avec Copilot Cowork permet de comparer l’approche.
Un prompt métier vaut mieux qu’une simple demande d’application
Prenons le cas d’une équipe qui suit ses factures dans une liste SharePoint, c’est-à-dire un tableau de données structuré stocké dans Microsoft 365. La liste contient notamment l’identifiant de la facture, le client, le montant, le statut, la priorité et la date d’échéance.
Une demande trop vague, comme « crée une application de facturation », laisse l’intelligence artificielle (IA) décider seule de nombreux éléments. Un meilleur prompt décrit la source, l’objectif, les écrans attendus et la façon de gérer les ambiguïtés :
Crée une application nommée Project Green Space Invoice Tracker et connecte-la à la liste SharePoint indiquée. Cette liste contient les factures soumises et réglées du projet. Prévois un onglet pour consulter les factures, un formulaire pour en ajouter et un tableau de bord d’analyse. Ajoute des filtres par statut, priorité et date d’échéance, avec une sélection par mois et par année. Si une information manque, pose-moi une question avant de choisir.
Cette formulation fournit suffisamment de contexte pour produire une première version exploitable. Des documents et feuilles Excel peuvent également être joints pour enrichir la demande, mais ils ne remplacent pas la description explicite des règles métier.
Le prototype peut ensuite choisir de charger les factures par lots, de rendre certains champs obligatoires ou d’attribuer des couleurs aux statuts. Ces décisions générées doivent être considérées comme des propositions : le responsable métier doit les valider avant publication.
Construire, corriger et tester l’application
Ouvrir l’onglet Code
Dans Microsoft Copilot, sélectionnez Code puis vérifiez que l’espace de saisie et l’aperçu sont disponibles. Si l’onglet n’apparaît pas, contrôlez d’abord l’accès Frontier, la licence et l’activation des Copilot Credits.
Fournir la source SharePoint
Ajoutez l’adresse de la liste SharePoint et décrivez le rôle de ses principales colonnes. Une adresse sans contexte indique où se trouvent les données, mais pas comment l’équipe les utilise.
Décrire les écrans et les règles
Précisez les onglets, les formulaires, les indicateurs et les filtres attendus. Demandez explicitement à Copilot Code de poser une question plutôt que d’inventer une règle métier.
Autoriser la connexion
Copilot Code demande une autorisation avant une connexion réseau, une commande ou un accès extérieur au dossier du projet. Pour SharePoint, privilégiez une approbation ponctuelle pendant l’évaluation plutôt qu’une autorisation permanente.
Affiner par petites demandes
Ajoutez une modification à la fois, par exemple le filtre mensuel et annuel sur la date d’échéance. Vérifiez le résultat dans l’aperçu avant de demander le changement suivant.
Effectuer un test fonctionnel
Créez une facture de test, contrôlez sa présence dans SharePoint, puis vérifiez la mise à jour du tableau de bord. Testez aussi les filtres, les champs obligatoires et le comportement avec un compte différent de celui du créateur.
Une demande, un contrôle
Retenez la séquence « modifier, prévisualiser, valider ». Elle réduit le risque d’accumuler plusieurs changements dont il serait ensuite difficile d’identifier les effets.
Publier et partager sans contourner les autorisations
Une fois publiée, l’application peut être ouverte en dehors de l’interface de construction et partagée avec des utilisateurs nommés ou, si le besoin le justifie, plus largement dans l’organisation. Pour une application contenant des données financières, un partage nominatif est préférable à un lien accessible à tous les collaborateurs.
Le partage de l’application ne donne pas automatiquement accès à la liste SharePoint. Lors de la première ouverture, chaque utilisateur autorise la connexion avec son propre compte ; ses droits sur SharePoint déterminent alors les données qu’il peut réellement lire ou modifier.
Cette séparation fonctionne comme deux portes successives : la première donne accès à l’application, la seconde aux données. L’analogie s’arrête aux contrôles d’accès, car l’exécution de l’application peut aussi consommer des crédits même si l’utilisateur possède déjà les autorisations nécessaires.
Les applications créées ou reçues apparaissent dans la zone « Mes applications ». Après publication, testez systématiquement avec un utilisateur représentatif : le compte du créateur dispose souvent de droits plus étendus que ceux du public visé.
Le coût de construction n’est qu’une partie de la facture
Dans le scénario de suivi des factures, la première construction a demandé moins de 15 minutes et coûté moins de 3 dollars. Ce résultat décrit un prototype précis : il ne constitue ni un tarif garanti ni une estimation du coût d’exploitation.
Microsoft Learn précise que les applications cloud exécutées dans Copilot Managed Runtime nécessitent un plan Power Apps Premium ou des crédits. Chaque appel d’interface de programmation applicative (API), c’est-à-dire chaque échange automatisé avec un service, consomme 0,1 crédit, auquel s’ajoute un coût à chaque lancement.
0,1
crédit par appel d’API dans Managed Runtime
Microsoft Learn
20
opérations avant blocage en cas de crédits insuffisants
Microsoft Learn
5 min
durée maximale avant blocage dans cette situation
Microsoft Learn
Budgétez la construction et l’exécution
Sans crédits suffisants, l’accès à une application Managed Runtime est bloqué après 20 opérations ou 5 minutes d’utilisation. Une application peu coûteuse à générer peut donc produire une consommation récurrente lorsqu’elle est largement utilisée.
Les crédits sont mutualisés au niveau du locataire, c’est-à-dire l’environnement Microsoft 365 de l’organisation. Les administrateurs les suivent dans le centre d’administration Microsoft 365 sous Copilot > Cost management. La documentation sur la facturation à l’usage mentionne aussi un plan prépayé d’un an nommé P3.
La fiche de sécurité de Copilot Code indique enfin que l’outil peut fonctionner localement ou dans un environnement cloud isolé. Les projets complexes comportant beaucoup de dépendances peuvent ne pas être construits correctement ; Microsoft recommande donc des itérations limitées et un retour en arrière en cas d’échec.
Questions fréquentes
Copilot Code est-il disponible pour tous les utilisateurs de Microsoft Copilot ?
Non. Au 28 octobre 2026, la documentation Microsoft le classe toujours dans le programme Frontier. Sa présence dépend également de la licence et de la configuration du locataire.
La licence Microsoft 365 Copilot suffit-elle ?
Non. Copilot Code demande une licence Microsoft 365 Copilot (Premium) ainsi que la facturation à l’usage par Copilot Credits. La construction n’est pas incluse sans supplément dans la licence.
Partager l’application donne-t-il accès à la liste SharePoint ?
Non. L’utilisateur doit se connecter avec son propre compte et conserver les droits nécessaires sur la liste SharePoint. Le partage de l’interface et l’autorisation d’accès aux données sont deux contrôles distincts.
Peut-on utiliser Copilot Code pour une application critique ?
Copilot Code et Copilot Managed Runtime sont encore en préversion. Une utilisation critique exige donc au minimum une validation fonctionnelle, un contrôle des autorisations, un budget de crédits et une procédure de retour arrière.
Trois décisions à prendre avant le premier projet
Préparer un pilote Copilot Code
- Confirmer l’accès Frontier et la licence Microsoft 365 Copilot (Premium)
- Activer les Copilot Credits et définir un budget dans Copilot > Cost management
- Autoriser
*.cloud.microsoftdans les contrôles réseau - Choisir une liste SharePoint non critique pour le premier prototype
- Désigner un responsable métier chargé de valider les règles générées
- Tester la publication avec un utilisateur aux droits standards
- Mesurer séparément le coût de construction et celui d’exécution
Si votre organisation ne maîtrise pas encore la facturation à l’usage, commencez par un pilote limité à quelques utilisateurs et à une source de données réversible. Si elle dispose déjà d’une gouvernance Power Platform et Copilot, ajoutez Copilot Code à ce cadre plutôt que de créer un processus parallèle.
Pour aller plus loin
- Copilot Code (Frontier) – documentation Microsoft Learn — pour vérifier les prérequis, la prise en main et la publication.
- Fiche d’application Copilot Code — pour examiner les consentements, les limites et les contrôles de sécurité.
- Gestion des coûts des Copilot Credits — pour suivre et encadrer la consommation du locataire.
- Annonce de Home, Code et Autopilot — pour comprendre la place de Code dans Microsoft Copilot.
- Microsoft Copilot Managed Runtime SDK — pour approfondir l’hébergement, l’exécution et les licences associées.



