Créer un agent dans Microsoft Copilot Studio (anciennement Power Virtual Agents) ne demande pas forcément de commencer par une architecture complexe. Encore faut-il comprendre ce que fait l’agent, ce que font ses outils et à quel moment une action réelle est déclenchée. Agent Academy propose des missions pour apprendre ces distinctions en construisant un scénario concret.
Agent Academy : apprendre en construisant plutôt qu’en lisant un manuel
Agent Academy est un parcours d’exercices consacré à la création d’agents dans Microsoft Copilot Studio, une plateforme low-code, c’est-à-dire utilisable avec relativement peu de code. Accessible à l’adresse aka.ms/agent-academy, il organise ses missions en niveaux, notamment Recrue, Opérateur et Commandant, ainsi qu’en opérations spéciales, ou Special Ops. Ces dernières permettent d’explorer un sujet précis, comme les serveurs MCP ou l’orchestration d’accords avec DocuSign.
Une mission présente un objectif et des instructions à suivre dans l’outil. Pour choisir votre point de départ, distinguez le parcours progressif, utile pour acquérir les bases, de l’opération spéciale, plus adaptée si vous connaissez déjà un peu Microsoft Copilot Studio. Notre présentation des niveaux de maîtrise des agents Copilot aide à situer ce type d’exercice dans un apprentissage plus large.
Le site offre aussi un exemple de publication à partir de Markdown, un langage de balisage léger utilisé dans les fichiers .md. Ses pages peuvent être conservées dans un dépôt GitHub — un espace de stockage et de suivi des fichiers — puis présentées avec une navigation, des images et des encadrés. Le rendu d’un site Markdown et le fonctionnement d’une compétence d’agent sont toutefois deux sujets distincts : employer le même format de fichier ne leur donne pas le même rôle.
Agent, workflow, compétence et MCP : quatre rôles à ne pas confondre
Un agent reçoit une demande et choisit comment y répondre. Son orchestrateur, le mécanisme qui coordonne ses étapes, peut consulter des connaissances, mobiliser une compétence ou appeler un outil. À l’inverse, un workflow définit un enchaînement d’actions dont on peut identifier les étapes.
MCP décrit des outils, pas une autorisation implicite
| Terme | Ce que c'est | À quoi ça sert |
|---|---|---|
| Agent | Assistant piloté par un orchestrateur | Interpréter une demande et coordonner une réponse |
| Workflow | Suite d'étapes définies dans la nouvelle expérience | Enchaîner actions, actions IA et transferts vers des agents |
| Agent flow | Flux disponible avec le standard harness | Exécuter un processus dans l'expérience classique |
| Compétence | Instructions et ressources réutilisables | Guider une tâche quand elle devient pertinente |
| Serveur MCP | Service qui expose des outils décrits à l'agent | Relier l'agent à des capacités comme celles de DocuSign |
Cette distinction évite une erreur fréquente : une compétence explique comment traiter une tâche, tandis qu’un outil connecté permet d’agir sur un service. Les deux peuvent intervenir dans la même demande, sans être interchangeables.
Nouvelle expérience Copilot Studio : ce qui change sans imposer une migration
La nouvelle expérience ne se limite pas à une interface différente. Elle propose le GitHub Copilot harness, un moteur d’orchestration, aux côtés du standard harness, le moteur de l’expérience classique. En juin 2026, Microsoft la qualifiait de « préversion prête pour la production » : cette qualification datée ne suffit pas à décrire le statut actuel de chaque fonctionnalité.
Il faut également corriger un raccourci de vocabulaire : les workflows créés avec le GitHub Copilot harness ne sont pas simplement des agent flows rebaptisés. Microsoft Learn distingue les deux expériences et décrit, pour les workflows, des actions d’intelligence artificielle (IA) natives, des transferts vers des agents et des tests par nœud. Notre point sur le passage du harnais GitHub Copilot en disponibilité générale en août 2026 permet de suivre cette évolution sans en déduire que toutes les fonctions associées ont nécessairement le même statut.
Nouveau moteur ne veut pas dire migration forcée
Pour une équipe qui possède déjà des agents classiques, le bon réflexe est donc de comparer les capacités nécessaires à son projet avant de choisir une expérience. Il n’y a pas lieu de reconstruire un agent uniquement parce qu’une nouvelle interface existe.
Comment une compétence guide l’agent sans remplacer ses outils
Imaginez une compétence comme un dossier de consignes qu’un collègue consulte lorsqu’une tâche particulière se présente. Un outil MCP ressemble plutôt à un accès à un service : il permet, par exemple, de demander à DocuSign de préparer un accord. L’analogie s’arrête aux permissions : un agent peut sélectionner une consigne ou un outil selon la demande, mais cela ne garantit ni la justesse de sa décision ni le droit d’effectuer l’action.
La compétence n’est pas nécessairement un unique fichier Markdown. La documentation Microsoft Learn sur les compétences précise qu’elle peut rassembler des scripts, des modèles et des documents de référence. Ces ressources donnent à l’orchestrateur une méthode réutilisable ; le serveur MCP, lui, expose les opérations d’un service externe.
Dans la mission d’orchestration d’accords, une compétence de liste de contrôle peut guider la préparation d’une réunion après l’envoi d’un document. Le calendrier Work IQ fournit, dans ce scénario, des capacités liées aux ressources Microsoft 365 via Microsoft Graph, l’interface d’accès à ces ressources. Notre analyse du nouveau harnais Copilot Studio prolonge cette distinction entre orchestration, instructions et actions.
Un cas concret : préparer un contrat, recueillir les signatures, planifier la suite
Prenons une illustration de test : une équipe RH veut préparer une offre d’emploi pour un destinataire fictif, la faire signer, puis organiser une réunion de suivi. DocuSign, service de gestion d’accords et de signatures électroniques, prend en charge le circuit documentaire. L’agent sert d’interface pour préparer la demande et coordonner les étapes complémentaires ; il ne remplace pas le workflow DocuSign.
Ouvrir la mission et préparer les accès
Dans Agent Academy, repérez l’opération spéciale consacrée à l’orchestration d’accords. Prévoyez un accès à Microsoft Copilot Studio et un environnement DocuSign adapté aux essais. Utilisez des identités et des données de test : une adresse fictive qui reçoit réellement des invitations peut encore produire des effets réels.
Créer l’agent et lui donner un rôle limité
Dans la nouvelle expérience, créez un agent chargé de préparer les offres. Décrivez son objectif et demandez-lui de récapituler les informations — destinataire, poste et rémunération — avant tout envoi. La demande de confirmation est un contrôle opérationnel, pas une preuve que les données sont correctes.
Relier les capacités nécessaires
Ajoutez le serveur MCP DocuSign présenté dans la mission pour que l’agent puisse identifier et appeler le workflow approprié. Associez ensuite la capacité de calendrier Work IQ et la compétence de liste de contrôle si vous souhaitez tester la réunion de suivi. Chaque ajout élargit ce que l’agent peut tenter de faire : vérifiez les accès avant de poursuivre.
Tester une demande et confirmer son contenu
Dans l’aperçu de l’agent, demandez la préparation d’un contrat de test, puis contrôlez son récapitulatif. Si la rémunération est erronée, corrigez-la avant de confirmer. L’aperçu permet de tester l’agent avant sa publication, mais il ne transforme pas automatiquement un appel à DocuSign en simple simulation.
Suivre le résultat dans chaque service
Dans le workflow DocuSign, vérifiez le formulaire web, les champs repris dans le modèle, le document produit et les destinataires de la signature, y compris le responsable si le circuit le prévoit. Contrôlez séparément l’éventuelle invitation de calendrier et le stockage dans SharePoint, service documentaire Microsoft 365, si cette étape a été configurée dans le workflow.
Le point important est la répartition des responsabilités. L’agent peut décider d’appeler un outil, tandis que DocuSign exécute son propre processus de formulaire, de génération du document et de signatures. Une réunion demandée après l’envoi n’implique pas, à elle seule, qu’elle attend la signature de toutes les parties.
Avant de publier : contrôler les actions, les coûts et les accès
Un test réussi dans la conversation ne prouve pas que le processus métier est terminé. Examinez les appels d’outils et leurs résultats dans l’aperçu, puis vérifiez l’état de l’accord dans DocuSign, les destinataires des invitations et la présence du document à l’emplacement prévu. Les traces affichées pour le concepteur aident à diagnostiquer l’exécution ; ne les confondez pas avec une garantie de voir intégralement le raisonnement interne du modèle.
La question du coût se pose avant les exercices. Microsoft indique que la création, les tests, l’évaluation et l’utilisation des agents utilisant le GitHub Copilot harness peuvent consommer des Copilot Credits, l’unité de consommation des agents depuis le 1er septembre 2025. Sa documentation de licence cite plusieurs voies d’accès à Microsoft Copilot Studio, dont une licence Microsoft 365 Copilot, une licence d’essai ou un rôle d’auteur attribué dans le centre d’administration Power Platform. Pouvoir ouvrir l’outil ne signifie donc pas que tous les essais sont sans coût.
Enfin, un serveur MCP donne à l’agent un choix d’outils à appeler. Steve Goodman, de Practical 365, recommande de préparer l’architecture de sécurité avant d’en déployer, particulièrement avec des intégrations tierces ou internes. Pour des accords RH, commencez par limiter les accès, maîtriser les destinataires et conserver une validation humaine avant l’envoi.
Questions fréquentes
Faut-il abandonner les agents et les flux classiques ?
Non. Microsoft permet toujours d’accéder à l’expérience classique et à ses agent flows. Choisissez l’expérience selon les capacités requises, sans présumer qu’un agent existant doit être migré.
Puis-je tester l’agent sans le publier ?
Oui, l’aperçu permet de l’essayer avant publication. En revanche, si le test appelle un service connecté comme DocuSign, vérifiez ce qui a été réellement créé ou envoyé dans ce service.
Une compétence suffit-elle pour envoyer un accord ?
Non. Une compétence fournit des instructions et éventuellement des ressources à l’agent ; l’envoi dépend d’un outil et des accès correspondants. Dans ce scénario, ces capacités sont exposées par le serveur MCP DocuSign.
Une licence d’essai garantit-elle des missions gratuites ?
Non. Microsoft précise que les opérations réalisées avec les agents du GitHub Copilot harness peuvent consommer des Copilot Credits, y compris pendant les tests. Vérifiez la licence et la consommation prévues dans votre environnement avant de multiplier les essais.
Commencer par un essai contrôlé
Avant votre première mission d’orchestration
- Choisir une mission adaptée à votre niveau et confirmer l’expérience Copilot Studio utilisée.
- Vérifier l’accès à Microsoft Copilot Studio, l’environnement DocuSign et la consommation possible de Copilot Credits.
- Préparer des données de test et des destinataires maîtrisés.
- Exiger une confirmation des données avant l’envoi, puis vérifier les résultats dans DocuSign, le calendrier et SharePoint.
Si votre objectif est seulement de comprendre l’orchestration, commencez par une mission sans action externe sensible. Si vous testez le contrat DocuSign, faites-en d’abord un exercice supervisé : la publication peut attendre que les accès et chaque étape du circuit soient vérifiés.
Pour aller plus loin
- Nouveautés de Microsoft Copilot Studio — pour vérifier l’évolution de la nouvelle expérience.
- Comparer les runtimes de Copilot Studio — pour choisir un moteur selon les capacités recherchées.
- Compétences des agents : fonctionnement et composition — pour approfondir ce qu’une compétence peut contenir.
- Préparer un déploiement MCP sécurisé dans Copilot Studio — pour cadrer les risques avant de connecter des outils.



